C'est en travaillant et en dessinant dans plus de quarante pays que Marc Raynaud a appris à discerner les différences et à jouer avec les contrastes.
D'origine française, c'est au Canada qu'il a débuté sa carrière en peignant les grands espaces et l'énergie du rock'n roll. Puis c'est l'Asie qui, pendant de nombreuses années, a nourri sa sensibilité et la subtilité de son pinceau. Puis en Afrique, les dessins de Marc sont devenus plus bruts, simples et directs. Aujourd'hui, c'est la lumière du sud de l'Italie qui guide sa main. Stimulé par deux professeurs exceptionnels des Ateliers des Beaux-Arts de Paris, Marc s'exprime à travers ses collages depuis une dizaine d'années et développe un style original et une technique personnelle, à mi-chemin entre le figuratif et l'abstrait. Ses peintures ressemblent à des peintures mais n'en sont pas, ce ne sont que du papier collé.
Dans un monde où règne la photographie et son pouvoir instantané, ce cheminement plus lent est pour lui l'occasion de contempler ce qui l'entoure et de construire des ponts entre classique et modernité.
Depuis ses deux ateliers situés face à Capri et près de l'Atlantique, sur les bords de l'Adour, Marc a réalisé quinze carnets de voyage, de l'Afrique à l'Asie, en passant par la Polynésie, et de Biarritz au golfe de Naples, avec des textes en harmonie avec ses images.
Les collages de Marc ont déjà été exposés à Londres, Milan, Paris, Rome, Suze-la-Rousse, Saint-Laurent-de-Gosse, Urt et Venise.
It was by working and drawing in more than forty countries that Marc Raynaud learned to discern differences and play with contrasts.
French of origin, it was in Canada that he began his career painting the great outdoors and the energy of Rock'n roll. Then it was Asia which, for many years, nourished his sensitivity and the subtlety of his brush. Then in Africa, Marc's drawings became more raw, simple and direct. Today it is the light of southern Italy that guides his hand.
Stimulated by two exceptional teachers from the Ateliers des Beaux-arts in Paris, Marc has been expressing himself through his collages for around ten years and developing an original style and a personal technique, halfway between the figurative and the abstract. His paintings look like paintings but are not, they are only pasted paper.
In a world where photography and its instantaneous power reign, this slower path is for him an opportunity to contemplate what surrounds him and to build bridges between classic and modernity.
From his two workshops located opposite Capri and near the Atlantic, on the banks of the Adour, Marc has produced fifteen travel diaries from Africa to Asia, via Polynesia, and from Biarritz to the Gulf of Naples, with texts in harmony with his images.
Marc's collages have already been exhibited in London, Milan, Paris, Rome, Suze la Rousse, Saint Laurent de Gosse, Urt and Venice.
Quand on aime son travail, ce n’est plus un travail.
Je trouve toujours ça dur, sauf quand c’est fini.
Et c’est difficile de dire quand une œuvre est finie.
Avec cela, sans le dur, la vie ne serait pas si plaisante.
Faut-il s’arrêter ou encore peaufiner, au risque d’alourdir l’œuvre et de la trop charger.
Bien finir reste un défi pour la vie !
A la frontière de l’abstrait et du figuratif, j’adore les contrastes et les camaïeux de couleurs douces. Ma vie et mon expérience professionnelle, dans de nombreuses cultures, m’ont donné le goût des différences. J’ai découvert l’intérêt et la manière de les repérer puis de les combiner.
Bien sûr, j’adore la lumière de l’Adour et celle du sud de l’Italie, mais j’apprécie l’ombre aussi. Dans la grotte retiré du monde. Travailler dans un paysage paisible aussi bien que dans un café bruyant m’enchante. Scruter recroquevillé, au fond de la caverne, les ombres qui dansent sur les parois ou bien découper - coller, au soleil sur la terrasse d’un bar mondain, en espérant qu’une jolie créature vienne se pâmer. Tout est si beau pour qui sait regarder, même un morceau de sucre brillant de toutes ses couleurs à la lumière.
Les remarques des passants, des critiques et des admirateurs sont de multiples graines bien précieuses qui font leur chemin, même quand j’entends que mon lion ressemble à un chien.
Au milieu des journaux déchiquetés, je fais mes gommettes le matin comme si je rentrais en maternelle, délicieusement insouciant, l’esprit lavé par la nuit.
La maîtresse est belle, nous sommes tous amoureux d’elle.
Avec délicatesse, je taille dans le supplément Mode du Week-end et des jeunes filles à la peau de pêche. Il m’arrive d’en faire de fines lamelles et de les rhabiller comme avec les anciens découpages pour petites filles. Que vais-je lui mettre aujourd’hui ?
Ma grande amie la sérendipité est là, qui me guide si je m’égare. Avec elle, quand le papier vole et se colle à l’envers ou ailleurs, c’est mieux !
Parfois, au bout d’un certain temps, je crois jouer au Mikado en pêchant un petit bout perdu - recoupé déjà plusieurs fois ! – et encore caché dessous. Le puzzle n’est pas fini. Il faut lui laisser de la lumière. Un puzzle terminé a-t-il encore de l’intérêt ?
J’aime la simplicité de l’exercice et la sobriété du matériel nécessaire, un cutter et de la colle. Je l’utilise jusqu’à la dernière goutte avant de prendre un nouveau pot. Un vieux journal déjà tout tailladé peut durer très longtemps, lui aussi, avant de livrer son dernier confetti.
Si je veux du bleu, en France, mieux vaut chercher dans le quotidien du sport. En Italie, on y trouve plus de vert et en Egypte plus de rouge. Quel merveilleux voyage dans le temps que de dessiner ! Eternelle Evasion.
Peut-être aurais je du devenir bénédictin pour faire des enluminures ?
En tous cas ce travail minutieux, en silence dans la lumière du Sud, favorise la méditation et la prière, avec ce sentiment délicieux d’avoir le temps et la liberté. C’est alors que je rends grâce aux dévoués professeurs des Ateliers des Beaux-Arts de la ville de Paris, Catherine et Florence en particulier, qui m’ont aidé à regarder et mis sur la voie. « Laissez vous conduire par le pinceau » et « N’oubliez pas de représenter ce que vous ne voyez pas », merci pour leurs conseils de folie toujours bien gravés dans ma tête !
Je remercie aussi ce chef de cuisine californien qui m’a appris à utiliser un instrument coupant. Tout un art aussi !
Plutôt que d’arracher une page au calendrier, une vieille tante célibataire plaçait chaque jour, sur son immense table, une pièce de son puzzle aux mille morceaux. L’art aide à vivre, disent ils. Je vous le souhaite. Mon journal m’appelle.
Nous avons besoin de votre consentement pour charger les traductions
Nous utilisons un service tiers pour traduire le contenu du site web qui peut collecter des données sur votre activité. Veuillez consulter les détails dans la politique de confidentialité et accepter le service pour voir les traductions.